Samedi 23 mai 2009
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Je ne le fais pas spécialement exprès, mais je ne lis pas les prix Goncourt. Il paraît que des milliers de gens se ruent
dessus, moi c’est plutôt l’inverse. Et c’est tout aussi stupide.
J’avoue que j’en ai essayé quelques uns et franchement… bof. Mais bon, faire une règle de ce genre de choses est
carrément idiot et je suis bien contente de pouvoir me le prouver.
Je viens en effet de lire Alabama Song, de Gilles Leroy. Prix Goncourt en 2007. Et c’est pas mal du tout, à mon
avis.
Je suis d’autant plus étonnée – vous voyez que j’y mets de la mauvaise foi – que j’avais lu il y a quelques années, le
roman Grandir (Mercure de France, 2004) et j’avais trouvé ça assez moyen.
Alabama Song est écrit à la manière d’un roman américain. En fait, c’est un peu casse-gueule, à mon avis. Parce qu’il
faut oser tout de même, pousser la chaise de son bureau d’écrivain à côté de celle de Faulkner. Sans être LE livre de l’année, c’est tout de même bien foutu.
Gilles Leroy entre dans le personnage de Zelda Sayre, l’épouse de Scott Fitzgerald. Mondaine, brillante, exaltée, nous la
voyons évoluer dans cet univers, de la grandeur à la décadence. Un piège est déjoué ici, Leroy ne nous raconte pas cette histoire pour parler de Fitzgerald au coin de la page, et c’est déjà pas
mal, même si l’auteur avoue avoir été intéressé par les Fitzgerald en commençant par Scott.
Je ne suis pas une grande fan des biographies fictives, j’ai pourtant lu avec plaisir celle-ci, ficelée, rythmée, et qui
répond bien à ses protagonistes. L’écriture a tenu le coup, et ça, c’est bien.