... qui se lève tôt

Jeudi 2 octobre 2008

Je traverse le parc, ce matin, jette un œil aux canards immobiles, me dit que quand même, c’est une sacrée chance de travailler dans un cadre pareil.

Il fait froid, je suis fatiguée, j’ai travaillé beaucoup hier. Manuscrits à relire, contacts avec les auteurs, dossiers à préparer, actions de diffusion… le travail ne manque pas, ça me change.

 

J’arrive au bureau. Certaines collègues sont déjà là, rient aux éclats, se plaignent de leur salaire. Le patron nous apporte le café. Ha, hein.

Tout le monde travaille dur. Réunion de production cet après-midi, on doit tous être prêts sans quoi les livres de cette semaine ne sortiront pas. Des choses qui vont, des choses qui foirent, les imprimeurs se font tour à tour engueuler (un peu), féliciter (plus).

 

Sacrée pression en tous cas.

 

Mais aujourd’hui, le patron nous offre aussi un « massage assis déstressant ». Le pied, franchement. Huhu. Je sens que je vais faire des envieux.

 

Il va falloir que je m’organise. Pour le moment, j’ai encore le temps de vous lire, moins de vous écrire. Mais petit à petit, hein…

 

Surtout que j’ai plein de choses à vous dire !

Par Filleke
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Mardi 12 août 2008

C'est étrange. Je me plains de mon boulot depuis des mois. Et même ces trois derniers jours, qui sont mes trois derniers jours ici, me semblent infiniment pesants. 

Mais il y a des choses que j'ai aimées, et surtout des rencontres que j'ai faites qui resteront. Des moments, et des expériences aussi. C'est aussi pour moi le temps venu de faire le bilan et d'estimer ma part de responsabilités dans ce semi-échec.

A moitié seulement car le projet se porte bien, les objectifs sont acquis. Mais on aurait pu aller plus loin, dans une perspective dynamique de travail, sur le long terme. Pour ça, c'est foutu.


Il y eu nos pauses café allongées (les pauses, pas le café) par beau temps sur la terrasse. Il y a eu les déjeuners (un peu) imbibés et les fous rires qui ont suivi. Il y a eu les malentendus parfois très drôles – parfois beaucoup moins – portés par notre "langue de travail" qui n'est la langue que de quelques uns ici.

 

Il y a eu la découverte de ce phénomène étonnant : à la porte, tous nous déposons nos nationalités. Oh, c'est sûr que quand passe une mesure qui concerne pour un pays ou l'autre, on s'intéresse, mais on sent quand même qu'on travaille sur le même paquebot. Même si, aussi, parfois, on a l'impression de pousser le Titanic.

 

Il y a eu les coups de gueule, les vraies prises de bec, boulot le plus souvent. Il y a eu les clashs entre les hommes, les femmes, au quotidien, pour des raisons simples et compliquées.

 

Il y a eu des amitiés naissantes et qui, si nous prenons la peine de les entretenir, grandiront peut-être.

 

Et maintenant, il y a la grande boîte en carton dans laquelle je range mes crayons, mes bics, les cartes postales accrochées au mur, et mon cactus. Puis, non, finalement, je laisse mon cactus à mon collègue de bureau, tiens.

Ainsi, quand je serai partie, il pensera un peu à moi…

Par Filleke
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Lundi 28 juillet 2008

Non, non, ce n'est pas une plaisanterie. Ni un nouveau concept artistique après Duchamp. Et je promets, ce n'est pas moi. Je ne me vengerais tout de même pas à si bon marché.

 

Mais dans la nuit de vendredi à samedi, un des urinoirs des toilettes à détecteur de mouvement de mon  actuel taf s'est bouché, provoquant un déséquilibre du flotteur, qui lui-même empêcha que l'eau de rinçage ne s'arrête. Un seul urinoir, mesdames et messieurs, qui inonda complètement le 9e étage dans la journée de samedi (le mouvement de l'eau n'est détecté par rien ; à croire que ces détecteurs sont là uniquement pour nous empêcher de bouquiner). On imagine que c'est durant la journée de dimanche que l'eau s'infiltra, gagnant les 8e, 7e et 6e étages.

 

Et ce matin, les fonctionnaires de retrouver leur moquette imbibée mais aussi et surtout tous leurs précieux et confidentiels dossiers se dandinant à vau-l'eau, c'est le cas de le dire. Fi des confidentialités et des petits secrets maisons, les politiques d'ici pleurent leurs classeurs, pataugent pour retrouver un rapport ou une facture, pendant que les autres, les petits "du bas" surveillent le plafond. L'eau en effet, difficilement évacuable en de telles quantités de nos bureaux hyper-confidentiels et donc à accès restreint, continue de couler…

 

Et une de mes amies danoise de commenter, l'eau trouve toujours son chemin…

 

Je suis morte de rire.

Par Filleke
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Mercredi 23 juillet 2008

Et bien voilà, j'ai signé mon contrat hier. Me voici éditrice. Deux fois. Une fois pour le travail, une fois pour la passion.

Et les choses se mettent en place. Nous avons trouvé une belle maison, avec un beau et grand jardin. Nous déménageons le 1er septembre.

 

Les choses s'accélèrent donc. La pression retombe un peu – heureusement. C'est fait, c'est fait.

 

Reste la motivation, le dynamisme, l'enthousiasme.

 

Plein de choses devant moi, devant nous.

 

Oh, oh, vous allez participer avec moi à l'aventure, je le sens…

Par Filleke
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Lundi 14 juillet 2008

… au boulot, sauf que Minipouce m’accompagne.

 

En effet, mon chef m’a demandé de prester ma journée (je suis en congé, grrr), de peur sans doute que l’édifice ne s’écroule pendant mon absence… Soit.

 

Pour elle, de toutes manières, c’est la grande aventure. Le tram d’abord (et comme il fait du bruit!), puis le métro (comme il va vite !).

Elle visite ensuite les bureaux d’un air décidé. Bon, que peut-elle faire pour aider ?

Toute la journée, ou du moins les quelques heures que je passerai au bureau – après tout, je suis toujours en congé – elle sera la petite reine du service, acceptant d’un battement de cil les éloges et les compliments. Comme elle est jolie ! Mais oui, semble-t-elle répondre. Tu parles qu’elle le sait. Et comme elle est sage !  Bien sûr, pour une si petite, mieux vaut attirer l’attention ainsi que le contraire.

Bref, elle est aux anges.

 

Moi, je grommelle toujours. La peste soit de cette maudite conscience professionnelle que mon management aime à évoquer ces temps-ci. Je préfèrerais quant à moi, être dans mon lit.

 

A sa manière, elle classe des papiers, d’un air concentré. Et ma mauvaise humeur atteint son comble quand elle me dit « quand je serai grande, je travaillerai dans un bureau comme ça ». Mouais.

Par Filleke
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