De deux côtés d’une vitre, de deux côtés du miroir. Suivant de quel côté vous êtes, le regard change de façon
étonnante. Lorsque je suis à la librairie, libraire assise à son comptoir, je fais partie du décor pour ceux qui regardent la vitrine et – je l’espère – les livres dans la vitrine. Comme souvent
je lis, ils ne m’imaginent pas attentives à leurs gestes, leurs paroles (dont, bien sûr, je ne perds rien). Je suis objet de figuration derrière la vitre…
Lorsque je passe la porte, je change de côté, je ne suis plus en représentation même immobile. Et j’aime
regarder les voisins, les voisines.
Par Filleke
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[ Je sens que là, je vais commencer à déplaire. Pas de panique, c'est juste mon laboratoire... ]
Monsieur Béni-oui-oui.
Le lundi, Monsieur Béni-oui-oui les enfants à l’école conduit ;
Le mardi, Monsieur Béni-oui-oui à tous prépare les spaghettis ;
Le mercredi, Monsieur Béni-oui-oui au théâtre avec sa femme rit ;
Le vendredi, Monsieur Béni-oui-oui au cinéma la famille suit ;
Le samedi, Monsieur Béni-oui-oui travaux dans le jardin poursuit ;
Le dimanche, jour du seigneur, Monsieur Béni-oui-oui à la messe se tapit.
Mais… le jeudi ?
Que fait Monsieur Béni-oui-oui le jeudi ?
Eh bien le jeudi, Monsieur Béni-oui-oui, dans mon lit, se méconduit.
Ça vous en bouche un coin, hein, Madame Béni-oui-oui ?
Par Filleke
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Tu sais qu’on ne s’en remet pas, de ce type d’éclatement. Il ne reste que des brisures de l’âme. De façon
très étonnante, l’être humain concerné peut – après une période de transition plus ou moins longue – présenter toutes les caractéristiques d’un fonctionnement normal. Il ou elle peut vivre en
couple, se marier même, avoir des enfants, etc… Il ou elle peut partir travailler tous les matins ou presque. L’observateur attentif remarquera parfois des tentatives d’autodestruction, comme si
l’être concerné se projetait volontairement contre la paroi. Il y a parfois un peu de sang. Oh, quelques gouttes* ! Mais tout ce qui est énergie, vitalité, force d’amour est détruit et bien
détruit. Irrécupérable. Non reconstructible. Le fonctionnement de cet être alors ressemble à une marche aveugle. Vers la fin ? Non, même pas, il faut de l’énergie pour en finir. Et quand ne
reste plus que les copeaux de l’âme provoqués par l’éclatement de la passion, cette passion là n’est même plus assez vive que pour mener au bout.
Tu te sens coupable, au moins un peu ?
Par Filleke
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