Pour moi, Almódovar a deux gros défauts.
Le premier, c’est qu’à l’heure actuelle, ses films sont appréciés par tous les bobos, les bcbg de
l’intellect, les vendeurs et porteurs d’intelligences diverses, des trentenaires lecteurs aux bourgeois cultivés décatis. (Tiens, non, peut-être pas ceux là).
Du coup, quand vous décidez d’aller voir un de ses films, comme je l’ai fait hier avec Los abrazos
rotos, vous devez vous attendre à un public fort homogène dans la salle. J’aime pas trop. J’ai toujours peur que quelqu’un m’attaque avec son Libé ou avec son Monde des Livres.
Le deuxième, et c’est le pire, c’est que vous pouvez être de la plus mauvaise foi que vous voulez, comme je
le suis actuellement, c’est quand même toujours bon. C’est rageant. Prenez Woody Allen, par exemple : il y a de supers mauvais Woody Allen (les derniers craignent un peu, comme disent les
d’jeunes). Almódovar, non.
Il y a des excellents films, des films à tomber par terre, comme Hable con ella ou Todo sobre mi
madre et d’autres qui sont simplement bons comme Volver ou Los abrazos rotos.
Mais ça reste bon, sacré nom di d’ju.
Penelope Cruz est magnifique. Lluís Homar bien aussi. Et comme d’habitude, vous sortez de là, en ayant
beaucoup ri, et pleuré bien sûr aussi. Avec un drame dans la tête qui va vous suivre quelques jours, mois, peut-être plus.
Si vous ne l’avez pas vu, allez voir.