Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Bienvenue !






Si vous voulez m'écrire au sujet d'un article de ce blog
ou
m'envoyer un manuscrit


filleke.blog@hotmail.com
26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 14:45

"Un soir, à ce moment, j'ai songé avec force qu'il me faudrait vraiment devenir chien. Non pas pour courir et mordre. Mais pour n'obéir qu'à cette chose qu'on possède en dedans. Qu'à ce qui est soi. C'est assez difficile : comment savoir, en ce bas monde, ce qui vient de nous ? Tant de choses s'incrustent dans la mémoire qu'on imagine parfois se conduire librement, alors que l'on avance dans la vie en acteur, en Arlequin de foire qui redit tous les jours les mêmes farces hirsutes, inconvenantes et drôles pour faire rire le chaland.


Oui, je me revois, à côté de mes souliers, regardant le ciel et puant mille morts. Il ne me manquait rien. Je n'avais même pas faim. Oserais-je le dire ? Il m'arrive souvent de parler à mes chaussures. Mais, vidées de mes pieds, elles sont sans cervelle. N'en disons pas plus. Le temps va s'avancer."

 

Orlando de Rudder, Le Comte de Permission, Lattès.

 

Pour en savoir plus :

http://www.editions-jclattes.fr/livre-le-comte-de-permission-orlando-rudder-de--129439

 

Pour le commander :

http://www.amazon.com/Le-comte-permission-Orlando-Rudder/dp/2709622009

ou bien sûr, en librairie !


 

Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 15:24
Ecrivain sénégalais, Cheikh Hamidou Kane se place lui-même dans la tradition de Senghor, de Césaire.
C'est dire qu'il ne se réclame pas de peu, et il a bien raison.

L'histoire de "L'aventure Ambiguë" est celle d'un parcours spirituel, d'une recherche. Samba Diallo après avoir été formé par un maître coranique, au Pays des Diallobé, est envoyé par sa famille à Paris pour étudier à l'école nouvelle.
Non pas sans discussion car son père est convaincu que les jeunes ainsi formés apprennent beaucoup mais oublient plus encore. Le choix est difficile à cette croisée là. Comme le dit sa vieille cousine, il y a là à savoir "comment l'on peut vaincre sans avoir raison".

Ce livre écrit d'une plume classique et magistrale regorge de trésors. Samba Diallo réfléchit, discute, interroge.

Cette histoire grave et triste a soulevé pour moiun coin du voile. J'ai aperçu la grande littérature sénégalaise. J'y retournerai.

Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 08:13

Je ne le fais pas spécialement exprès, mais je ne lis pas les prix Goncourt. Il paraît que des milliers de gens se ruent dessus, moi c’est plutôt l’inverse. Et c’est tout aussi stupide.

J’avoue que j’en ai essayé quelques uns et franchement… bof. Mais bon, faire une règle de ce genre de choses est carrément idiot et je suis bien contente de pouvoir me le prouver.

 

Je viens en effet de lire Alabama Song, de Gilles Leroy. Prix Goncourt en 2007. Et c’est pas mal du tout, à mon avis.

 

Je suis d’autant plus étonnée – vous voyez que j’y mets de la mauvaise foi – que j’avais lu il y a quelques années, le roman Grandir (Mercure de France, 2004) et j’avais trouvé ça assez moyen.

 

Alabama Song est écrit à la manière d’un roman américain. En fait, c’est un peu casse-gueule, à mon avis. Parce qu’il faut oser tout de même, pousser la chaise de son bureau d’écrivain à côté de celle de Faulkner. Sans être LE livre de l’année, c’est tout de même bien foutu.

 

Gilles Leroy entre dans le personnage de Zelda Sayre, l’épouse de Scott Fitzgerald. Mondaine, brillante, exaltée, nous la voyons évoluer dans cet univers, de la grandeur à la décadence. Un piège est déjoué ici, Leroy ne nous raconte pas cette histoire pour parler de Fitzgerald au coin de la page, et c’est déjà pas mal, même si l’auteur avoue avoir été intéressé par les Fitzgerald en commençant par Scott.

 

Je ne suis pas une grande fan des biographies fictives, j’ai pourtant lu avec plaisir celle-ci, ficelée, rythmée, et qui répond bien à ses protagonistes. L’écriture a tenu le coup, et ça, c’est bien.

Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 17:22

J’ai découvert cet auteur – pourtant très connu en Europe – il y a assez peu de temps. Je vous parle de mes impressions concernant mes lectures dans deux minutes, mais je veux faire un petit détour en commençant par un autre étonnement. En cherchant des renseignements Mulisch pour vous rédiger ma brève, je fus assez étonnée de constater que dans la plupart des articles critiques, on reproche au monsieur d’aimer « étaler ses connaissances », de « se considérer lui-même comme un grand écrivain » (Wikipedia), de manquer de modestie…

Elle est bien bonne, celle-là, me dis-je. En ce qui concerne l’étalage de ses connaissances, même si j’avoue que cela ne m’a pas sauté aux yeux, que je n’en ai été nullement « gênée » à la lecture (ben tiens), je me demande vraiment pourquoi Mulisch devrait garder ses connaissances pour lui. Ce serait un comble pour un écrivain, qui est tout de même un vecteur de connaissances par excellence !

Et depuis quand faut-il être honteux de sa culture ? *

Quant à sa modestie, je dois avouer que je me méfie des écrivains modestes. Des artistes modestes, d’ailleurs. Il y a presque toujours (je ne veux pas non plus généraliser) quelque chose de faux dans la démarche. Si un artiste n’était pas lui-même quelque part persuadé de la beauté de ce qu’il fait, pourquoi le ferait-il ?

(L’inverse n’est d’ailleurs pas vrai, je connais des écrivains immodestes au possible et qui ne valent pas un clou, soit).

Mulisch est un écrivain néerlandais, né en 1927. Son père a eu quelques amitiés protectrices bancaires et nazies, sa mère était juive. 

Revenons à l’œuvre, puisque c’en est bien une. Je vous parle aujourd’hui de Siegfried, Une idylle noire. Je vous parlerai sûrement prochainement de Deux femmes, mais c’est une autre histoire.

Je ne vous raconte pas l’histoire, comme d’hab, z’avez qu’à aller voir. Mais je vous dis simplement que la thèse de l’écrivain mis en scène dans ce roman est que nous pourrions en finir avec Hitler, le comprendre pour mettre un point final, si on arrivait un jour à le mettre en fiction. Et, dans l’élaboration de son projet, cet écrivain, un peu pédant d’ailleurs ce qui est très drôle (je sais, je m’écarte) rencontre deux personnages étranges qui lui proposent de témoigner.

L’ensemble est prodigieux. Le développement capital. Posant la question de l’origine du mal au travers d’une érudition peu commune, Mulisch nous tient en haleine et nous amène… là où ma foi il voudrait que nous allions. Bien.

J’avoue ne pas être spécialement adepte du genre « Tout sur Hitler & Co ». Mais là, il me semble effectivement être arrivée, au travers de cette lecture, à un point, je le disais, final.

Voilà. A lire.


* Je suis d’une mauvaise foi rhétorique, cela fait bail, je le sais bien.

Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 15:49

Sue Monk Kidd, Le secret des abeilles.


Une ancienne collègue m’a offert ce bouquin quand j’ai quitté mon travail. Et en voyant la couverture et le titre, je me suis dit ayé, elle est tombée sur l’tiesse ? Ou c’est une vengeance personnelle pour une chose que j’ignore ? Un faux pas dans mon karma (j’ai encre dû tuer un moustique, je m’y fais pas) ?

 
Puis voilà, je l’ai commencé par curiosité. Tonnerre. Lily est une gamine, maltraitée par son père, élevée par une nourrice noire depuis la mort de sa mère qu’elle aurait apparemment tuée par accident. La nourrice en question crache sur les chaussures d’un blanc en allant récupérer sa carte d’électeur et se fait mettre en cabane. Et voilà la Lily qui l’embarque en cavale.

Elles se réfugient chez trois nanas, apicultrices, filles de Marie, vaguement originales mais drôles et tendres.

Un livre captivant, sur le racisme, la violence mais aussi l’amour. Sur des airs et des thèmes qui rejoignent la très excellente Toni Morrisson. Sans l’égaler cependant. Mais ce livre est une très bonne surprise, un bon moment de lecture.

Tiens, puisque c’est la rentrée, je m’en va le recouvrir de papier pour cahiers. La couverture est trop moche, je m’y fais pas.

Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 15:46

Marianne Fredriksson est née en Suède en 1927.

Journaliste, elle a aussi écrit une dizaine de romans (Hanna et ses filles, Simon et les chênes) et des ouvrages de psychologie, de psychanalyse et d’analyse de la société (Le pouvoir des mères).

Dans Inge et Mira, Marianne Fredriksson va jouer une partition délicate, celle de faire s’entrecroiser les chemins de Inge, suédoise, athée, blonde, et de Mira, brune, chilienne émigrée qui engueule son dieu à qui mieux mieux. Toutes deux blessées par la vie, mais si différentes.

Ce roman est d’une finesse remarquable et je dois dire que je soulève mon chapeau à celle qui a su aborder des thèmes aussi délicats que le racisme, la torture, l’amour, la foi avec sensibilité, sans mélo ni prêchi-prêcha. Non qu’il ne faille jamais avoir le cœur accroché durant cette lecture, mais après tout, hein, la vie n’est pas rose bonbon, mais plutôt que Fredriksson pose le mot juste là ù il doit être.

Les personnages secondaires jouent leur rôle, tendant le décor à Inge et Mira mais également dessinant par leurs relations ce contexte si difficile des sentiments humains.

Une découverte pour moi, que je dois à Kirsten, que je remercie, dans son effort de me faire découvrir la littérature nordique que je connais encore trop peu.


Nous nous sommes rencontrées chez le pépiniériste.

De part et d’autre d’une table à roulettes de trois mètres de large sur peut-être huit mètres de long. La table est couverte de milliers de pensées, une mer ondoyante de bleu et de mauve, avec des taches jaunes tels des rayons de soleil sur les vagues.

Elle est juste en face de moi.

Son visage reflète ma propre joie. Je tends la main vers es fleurs en déclarant que c’est prodigieux. Elle répond avec un large sourire que pratiquement rien d’autre ne donne une telle envie de vivre que les fleurs.

- Si ce n’est les petits enfants, ajoute-elle.

Ses paroles me surprennent. Elle parle bien le suédois, mais avec un accent, et je remarque alors que c’est une immigrée, chilienne selon moi.

- ça ne m’est jamais venu à l’idée, lui dis-je, mais je crois que vous avez raison.

Marianne FREDRIKSSON, Inge & Mira, Ed. J'ai lu, 2001, p.9


Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 08:42



Vous l’avez compris, la thématique du jardin me taraude. Pourtant, je ne pensais vraiment pas que cela me prendrait un jour. Mais si vous aviez vu celui-là !

 

Riez franc. Parce que je ne l’ai pas encore ce jardin. Et qu’à peu de choses près, je n’ai jamais tenu un râteau de ma vie. Et qu’il y a tellement à faire qu’il reste une chance pour que je m’asseye au milieu de ma jungle, découragée avant d’avoir commencé.

 

Mais bref. Ce n’est pas si important puisqu’il y a déjà le rêve.

Et en attendant de pouvoir m’y mettre « en vrai » (Vous m’imaginez, là, le sarcloir à la main, piétinant d’impatience avant le 1er septembre), je voulais vous toucher un mot de ce petit bijou là.

 

Il s’agit du Jardin de l’Éditeur. Et toute la poésie qui se dégage de ces petits textes et de ces photos. L’ Éditeur, c’est l’Amourier, qui d’ailleurs fait très souvent un travail épatant.

Un livre né sous le signe du plaisir, qui invite à l’effeuillage, voire au lent déshabillage des chairs pulpeuses… nous dit-il de celui-ci, et comme c’est vrai.

 

Quelle idée fantastique, d’abord, de rassembler 72 auteurs de l’Amourier dans l’écriture de ces textes, autour de la tomate ou de la pomme de terre. Chacun choisit son légume, son fruit et décrit à sa manière ce qui le rattache à ce choix. Variations, de la mémoire au sens, chacun décrit donc une floraison, un mûrissement.

 
Mais quel objet aussi ! Comme très souvent chez l’Amourier, particulièrement d’ailleurs dans les collections graphiques, l’objet est beau, tout simplement beau. Une couverture blanche d’un papier à très beau grain, les photos sur fond noir. Le jardin ici est célébré à sa juste valeur.

 

http://www.amourier.com/cgi-bin/pg-shoppro.cgi?ORD=viewproduct&id_product=276&id_category=17

 

http://www.kamalalam.be/oscss/catalog_k/product_info.php?products_id=2598


 


Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 14:55

Je suis, depuis quelques semaines déjà, car je m'en délecte, replongée dans la lecture d' Anna Karénine. Je n'apprends rien à personne en disant : quel monument !

Mais combien aussi, parmi nous et même les meilleurs d'entre nous, ne l'ont pas lu, justement parce que, monument, hein…

Et pourtant.

Ceux qui me connaissent savent combien je suis admiratrice de Tolstoï et de son Anna, au point d'avoir adressé un hommage… personnel à ce personnage époustouflant.

 

Anna, et Vronski, Kitty et Lévine nous accompagnent forcément dans cette belle histoire mais… que ça ? que ça ? que nenni.

 

Une formidable description de société, une étude philosophique très intéressante, une réflexion politique essentielle, une analyse de la société religieuse, un état des mœurs, us et coutumes… Non des moindres de ses attraits : une maîtrise stylistique incomparable. La technique, maîtrisée donc, n'est jamais un poids ici mais un envol.

 

C'est l'exaltation qui me tient tout au long de cette lecture, à chaque fois (et dieu sait si je l'ai lu…). J'adore me balader dans ce musée, galerie de portraits, mais aussi scènes animées qui se déroulent. Entre fixations et vitesses, le récit halète, reprend, s'envole à nouveau.

 

Mais malgré tout cela, malgré tout ce qui se lit, se dit, malgré les lectures, les commentaires, les critiques, etc. à propos d'Anna Karénine, il y a toujours quelque chose d'inexpliqué, une chose dans mon exaltation justement sur laquelle je n'arrive pas à mettre le doigt.

Anna Karénine me paraît aux antipodes de Bovary, cela doit tenir à cela.

Mais quoi au juste…

 

Allez, je le relis.

PS : A vous, mon ami, qui me dites qu'entre Tolstoï et Dostoïevski, vous choisissez Dostoïevski, permettez-moi de dire qu'il y a des moments où le coeur ne peut comparer. A fortiori, ne peut choisir.

Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 18:06
Demain, je vous parlerai ici de En vie et de Exquise Louise de Savitzkaya.

(Euh, mais... l'article est déjà là, chez les princesses, bien sûr !)


Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article
21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 10:48

Marie l'avait dit, et je suis passée par là grâce à sa pertinente recommandation. L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery, c'est vraiment très bien.

Je vous en reparle bientôt…

Repost 0
Published by Filleke - dans Lectures
commenter cet article