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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 15:01

Je l’ai entendu ce matin à la radio. Je passe sur l’étrange phénomène éditorial qui veut que le Robert 2009 sorte en 2008, même si ça me chiffonne. Comme les journaux qui sortent à la date du lendemain. Imaginez un peu un truc genre Pompéi, comment ils s’y retrouveraient les historiens du futur ? Hein ?

 

Non, ce dont je vous cause, aujourd’hui, pour changer, c’est des petits belgicismes qui s’y sont glissés. Alors vous connaissez ?

 

Le chocolat belge, bien sûr, vous connaissez, mais savez-vous qu’en Belgique, il n’y a pas de « barre de chocolat » mais des bâtons de chocolat ? Ah,ah !

Et celui-ci, que j’adore : savez-vous ce que c’est, un feu ouvert ? C’est une cheminée, l’âtre, quoi. Joli, non, feu ouvert ? Je me demande ce que pourrait être le feu fermé. Je me rappelle que mon père me passait du petit bois et me disait « allez, zou, mets ça dans le feu ouvert »…

Dans le Robert 2009, on a encore Il douche, mais ça, c’est plus commun. Puis comme je l’ai déjà dit, moi je préfère quand il drache.

 
Ah et celui là : avoir une grande langue, ce qu’on a pu me le dire quand j’étais petite ! Il s’agit d’être bavarde, tout simplement.

Et hop, vive les belgicismes. Heureusement, on en n'est pas encore aux « wallonicismes »…

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 18:43

Temps des vacances et des moments consacrés, j’ai profité de cette semi-liberté pour emmener Minipouce à une représentation de marionnettes, plus précisément du fameux Guignol.

Elle a adoré. Un peu gênée au début de rejoindre les cris des enfants, elle a vite compris le jeu et hurlé avec les autres Guignoooooooooooool ! pour faire arriver le personnage.

 
Quand j’étais petite, à Liège, c’est d’autres marionnettes que je connaissais : Tchantchès et Nanesse. On allait au théâtre et on riait de leurs facéties, présentées en wallon. Il y a encore des représentations, Al Botroûle notamment. Mais Minipouce ne parle pas le wallon.

 
Le wallon je le comprends très bien, le parle un peu. Mais pas assez pour l’enseigner. La connaissance s’est perdue quelque part entre ma grand-mère et ma fille, chaque maillon a eu sa part de responsabilités.

Je sais maintenant que certaines écoles proposent des cours de wallon. Mais cela reste artificiel.

 

Il n’empêche. Quand nous serons à Liège, nous irons voir Tchantchès.



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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 16:14

Ben sur le pette, bien sûr. Du coup, j'ai pas besoin de vous faire de traduction. Mais je me demande encore comment vous dites, en français. Enfin, non, ne répondez pas tous en même temps mais avouez que ça n'est guère joli…

 

Et pour les enfants, vous dites comment ? Parce que le pette de nos petits, c'est quand même toute une histoire. C'est le centre de leur vie ou presque pendant longtemps. Alors, vous dites quoi ? Les fesses ?

 

Ben, moi, j'l'aime bien, ce mot rigolo.

 

 

 

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 11:10

Après une absence de quelques temps, je fais bien entendu le tour de mes blogs préférés et je trouve ça et là beaucoup de choses qui me font rire, sourire, réfléchir, douter…

 

Cette fois-ci, sans trop aller dans le fond des choses, j'ai réfléchi (un peu, hein, on est lundi) ce matin à une grosse différence dans le langage affectif entre le peuple belge et nos amis français. La réflexion m'a été inspirée par un article sur les diminutifs écrit par Orlando, que vous pouvez lire ici.

Mais nous avions déjà discuté le sujet avec l'homme de ma vie, car ce type d'opposition doit – forcément – signifier…

 

En France, par affection, on diminue*. En Belgique on augmente.

Des –eke, -eque, -etje et pas mal d'autres variations sur le même thème.

 

Filleke, bien entendu, est l'augmentatif affectif de fille. Ireneke, c'est mon prénom avec le même augmentatif.

 

Cette tendance vient du néerlandais, bien entendu. Cette langue où les mots s'agglutinent pour se compléter. Chez moi enfant, il y avait du fillekeireneke dans l'air, parfois avec toute une longue série d'adjectifs "autour".

 

Ma fille porte un prénom très court et quand je l'interpelle, j'ai aussi tendance à "augmenter". Nous le faisons pour les prénoms qui semblent les plus impropres à ce jeu pour votre oreille française : Christiannetje, Fredericsste, Lolalineke.

 

Et plus tu aimes, plus t'en ajoutes. En français, en wallon, en néérlandais, tout ça sur le même mot, parfois. Je vous dis pas, ces belges, des barbares de la langue, des fois. Qu'est-ce que j'aime ça. Forcément, mon surnom le plus tendre, c'était fillekeireneke-reinette étoilée**. Pas mal, non ?


 

* je ne peux pas – de fait – prendre position par rapport au propos d'Orlando. Le diminutif, je ne l'aime pas, mais il se peut que ce soit simplement par manque d'habitude de mon oreille. A fortiori, je ne suis pas sûre que l'augmentatif représente une valeur plus sûre…

** Oui, reinette étoilée, comme la pomme…


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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 10:31

Dans les nombreux belgicismes que j'utilise, il y en a quelques uns qui ont une saveur particulière, celle de l'enfance peut-être. Bref, ce sont mes préférés, mes chouchous, ceux que je ne lâcherais pour rien au monde et que je transmets à Minipouce.

 

La bisbrouille, par exemple, c'est une dispute qui a l'air anodine, mais qui peut durer très longtemps. Celle entre moi et ma tante dure toujours.

 

La dringuelle, c'est l'argent de poche donné par ma grand-mère en cachette de mes parents.

 

Une floche, c'est vraiment indescriptible. Il peut s'agir d'un nœud pendant au bout d'un rideau, ou bien de toute autre frange de châle, de coussin, etc. S'il est difficile à traduire, c'est qu'il ne recouvre le même champ sémantique qu'aucun mot français de ma connaissance.

 

La maquée….mmmmmmmmmmmm, du fromage blanc contenant pas mal d'eau, que l'on mange sur des tartines avec du sucre pour les petits. On allait la chercher chez le laitier qui était pour moi Monsieur Laitier, à quelques maisons de la nôtre.

 

Raccuser ou raccuspoter, c'est venir dénoncer une bêtise commise par quelqu'un d'autre.

(On dit d'ailleurs que la raccuspote est sans culotte). Spécialité d'un de mes frères.

 

Et enfin, sûrement celui que je préfère entre tous, la krolle, c'est la boucle dans les cheveux. Moi comme ma fille, nous sommes toutes les deux toutes krollées

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 16:00

C'te qu'elle est bibiche des fois. Mais non, j'ai pas dit qu'elle était biette. Un peu biesse pi c'est tout. Allez, filleke, ramasse moi tes mies, là, c'est pas possible. Mais regarde moi ça, s'est bleffée sur la blouse. Pi va falloir que je refasse ses kawouaites. Et que je lui recoupe sa capoule. Sans quoi elle aura vraiment l'air d'une baraqui. En plus, avec toujours ses chiques et ses chiclets. Tu verrais comme elle a tous les kets derrière elle, c't'une misère. C'est comme son frère, hein, l'est tombé sur une cokotteuse, je te dis pas. Une badjawe ! mais des fois, c'est lui l'ewaré, hein…

 

Zelle, tu sais, les fransquillons, qu'ils disent qu'on parle comme les chtis ? N'importe qwé.

Alley, abbie, viens ici.

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 15:06

 

Et en plus, aujourd'hui ici, il drache.

 

Et la drache belge, c'est pas de la pluie française, ça tient du torrent, ça vous emmènerait une partie du ciel. Vous savez, celui qui "si gris qu'il faut lui pardonner"…

 

Quand j'étais petite, on parlait beaucoup wallon dans ma famille, et on disait Y rattaque 'ko a ploure. Comment traduire cela, hein ?

Il se met à nouveau à pleuvoir. Mais le 'ko, c'est encore, de "encore, encore, encore et toujours" …

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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 13:39

 

Nous en étions restés à mon histoire de poussière, pas vrai. Comme je vous disais, chez nous, on ramasse la poussière avec une ramassette. Oui, oui. Mais ce qui était stupéfiant pour moi, c’est que chez nous, une pelle, c’est (et seulement) une bêche de jardin. Z’imaginez ramasser la poussière avec ça ?

 

Vous devez me trouver bien étrange de ne pas savoir tout ça. A ma décharge, j’ai mis les pieds à Paris pour la première fois quand j’avais dix-huit ans et je vous assure que je n’ai lu aucune histoire de pelle et de torchon dans Racine.

 

Lors de ma première visite en France, j’avais douze ans, c’était à Marseille, j’avoue avec une honte certaine que j’ai fait le classique belge. Je suis entrée dans une boulangerie et j’ai demandé un pain français (une baguette). Si, si. La dame m’a répondu vexée que tous ses pains étaient français…

 

A la descente du train, gare du Nord, première virée parisienne, donc, mon ami et moi avons décidé de nous restaurer dans une brasserie. Nous avons commandé chacun un steak tartare. Hum. Chez nous, un steak tartare, c’est un pavé de bœuf cuit dans une sauce tartare. Quand nous avons vu la viande crue arriver, je crois qu’on a failli reprendre le train aussi rapidement que si cela avait été l’un de nous qu’on avait haché menu…

 

Je pourrais rester dans le culinaire mais vous savez probablement déjà ce qu’est un chicon. C’est ce que vous appelez, je crois, une endive. Chez nous, une endive, c’est une sorte de salade, et je n’ai jamais su si c’était le cas en France également ou si cette salade porte un autre nom chez vous. Rappelez-moi d’en emmener durant mes prochaines vacances, histoire d’augmenter un peu mon vocabulaire.

 

Quant à la recette des carbonnades, je crains qu’il soit inutile que je vous la donne, vous ne trouveriez probablement pas les ingrédients adéquats. Pas plus que pour la réalisation des Boulets à la liégeoise.

 

Je termine celle-ci par une source de continuels malentendus à la maison.

Votre bonbon, c’est une chique.

Notre bonbon, c’est un biscuit.

Votre gâteau c’est un biscuit pour nous.

Et notre gâteau a toujours de la crème fraîche ou du chocolat.

Facile…

 

Ah, j’oubliais presque mon préféré une sucette (oui, comme celles à l’anis), chez nous c’est une chique sur un bois. C’est-y pas joli ?

 

Finalement, le français n’est pas ma langue maternelle, mais je me débrouille pas si mal…

 

 

 

 

 

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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 16:25

 

Dans mon précédent article, j'ai expliqué pourquoi je tentais de mettre en relation la réalité française avec la réalité belge. Il s'agit bien, effectivement, de réalités différentes, et s'il suffisait, pour nous comprendre, d'écrire des lexiques, cela se saurait…

 

Je ne nie pas que les dictionnaires des belgicismes soient utiles pour les français expatriés dans notre minuscule (et de plus en plus petit) pays, mais il y a des choses fondamentales qui passent très difficilement par une traduction non imagée.

 

- Passe-moi le torchon, me dit un de nos amis français (de France, normal, quoi…). Il faisait la vaisselle, ce qui expliquait amplement à mon sens mon regard plus que dégoûté. Le torchon ! Faut-il qu'il soit pauvre ou… que sais-je !

 

J'ai compris, avec le temps, que les français n'essuient pas la vaisselle avec des torchons par manque d'hygiène mais parce que c'est leur mot pour désigner un essuie de vaisselle.

Remarquez la logique, nous essuyons avec un essuie, la vaisselle avec de vaisselle.

 

Pourquoi préciser "de vaisselle" ? Parce qu'un essuie tout court, cela n'est pas destiné à essuyer la vaisselle mais à s'essuyer soi-même. Un essuie-mains ou un essuie de bain.

 

Donc, pour résumer : le français dit torchon, le belge essuie de vaisselle. Le français dit serviette de toilette pour un essuie-mains et serviette tout court pour un essuie (ou essuie de bain). File-moi l'essuie se dit au bord de la piscine, si cela peut vous aider à visualiser. File-moi l'essuie de bain, se dit également au bord de la piscine, mais je vous accorde que c'est plus compliqué.

En langage de Belgique, un torchon, c'est une serpillière. Pas question d'essuyer la vaisselle avec ça, c'est dégueu.

 

Notez bien que quand j'ai appris que ma belle-mère (française, oui, vous suivez bien) ramassait la poussière avec une pelle, j'ai failli avoir une attaque.

Ah, ah, ça vous intrigue, hein – avec quoi, ramasse-t-on la poussière en Belgique ? je vous le donne en mille… avec une…

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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 15:17

Je suis dans une situation particulière. Oui, oui, mon amoureux est français.

"Et alors ?" penseront mes (très nombreux) lecteurs français.

"Nooooooooooooooooon ???!!!!" penseront tout de suite mes (non moins nombreux) lecteurs belges.

 

Parce qu'après tout, il existe beaucoup de français et de belges qui vivent cette situation hautement difficile de ne pas parler la même langue… sans le savoir, mais surtout parce que j'aime TELLEMENT mes sacrés belgicismes, j'ai bien envie de vous parler de quelques uns d'entre eux, que de toutes manières, vous retrouverez à émailler mes textes… 

Oh, vous allez me dire que vous trouverez facilement tout cela dans un dictionnaire des belgicismes. Non môssieur. Moi, je vous propose du VECU ! Et d'ailleurs, pas que des belgicismes, des francicismes aussi. Comment, ça n'existe pas ? Et toutes ces expressions que nous, belges, n'avons jamais entendues et sont complètement dépourvues de sens et de bon sens, hein ?

 

Nous nous devons, dans cette rubrique à haut intérêt linguistique, de commencer par le célèbre…

 

BROL

n.m. désordre, objet sans valeur.

Diront la plupart des dictionnaires des belgicismes.

 

Oui, mais, pas vraiment.

La notion d'objet sans valeur est valable spécialement dans des situations de colère, d'opposition : Reprends ton brol, dira une fiancée à un pauv' mec qui lui offre une bague en toc.

Brol veut surtout effectivement dire désordre, bazar, surtout dans l'exclamation Quel brol ! ou encore Tu m'as fichu un de ces brols !

A noter cependant que le mot brol peut être utilisé avec fort connotation symbolique. Le Quel brol ! dans ce cas, peut s'appliquer aussi bien à la politique belge qu'étrangère, la France et la Belgique n'ayant rien à s'envier à ce sujet.

 

Note particulière : il arrivait à mon compagnon, au début de notre rencontre et donc, de son intégration linguistique de m'appeler Petit Brol.

Ne pouvant appliquer à cette licence poétique ni la notion de "sans valeur" ni la notion de "désordre", je suggère d'ajouter à notre définition :

Par extension, personne parlant le français de Belgique et utilisant à tout va cette expression.

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