Lectures de texte, réflexions et partage autour de la littérature, textes en ligne, petits mots belges et français, et billets quotidiens pour rire et réfléchir.
C'est étrange. Je me plains de mon boulot depuis des mois. Et même ces trois derniers jours, qui sont mes trois derniers jours ici, me semblent infiniment pesants.
Mais il y a des choses que j'ai aimées, et surtout des rencontres que j'ai faites qui resteront. Des moments, et des expériences aussi. C'est aussi pour moi le temps venu de faire le bilan et d'estimer ma part de responsabilités dans ce semi-échec.
A moitié seulement car le projet se porte bien, les objectifs sont acquis. Mais on aurait pu aller plus loin, dans une perspective dynamique de travail, sur le long terme. Pour ça, c'est foutu.
Il y eu nos pauses café allongées (les pauses, pas le café) par beau temps sur la terrasse. Il y a eu les déjeuners (un peu) imbibés et les fous rires qui ont suivi. Il y a eu les malentendus parfois très drôles – parfois beaucoup moins – portés par notre "langue de travail" qui n'est la langue que de quelques uns ici.
Il y a eu la découverte de ce phénomène étonnant : à la porte, tous nous déposons nos nationalités. Oh, c'est sûr que quand passe une mesure qui concerne pour un pays ou l'autre, on s'intéresse, mais on sent quand même qu'on travaille sur le même paquebot. Même si, aussi, parfois, on a l'impression de pousser le Titanic.
Il y a eu les coups de gueule, les vraies prises de bec, boulot le plus souvent. Il y a eu les clashs entre les hommes, les femmes, au quotidien, pour des raisons simples et compliquées.
Il y a eu des amitiés naissantes et qui, si nous prenons la peine de les entretenir, grandiront peut-être.
Et maintenant, il y a la grande boîte en carton dans laquelle je range mes crayons, mes bics, les cartes postales accrochées au mur, et mon cactus. Puis, non, finalement, je laisse mon cactus à mon collègue de bureau, tiens.
Ainsi, quand je serai partie, il pensera un peu à moi…