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J’ai découvert cet auteur – pourtant très connu en Europe – il y a assez peu de temps. Je vous parle de mes impressions concernant mes lectures dans deux minutes, mais je veux faire un petit détour en commençant par un autre étonnement. En cherchant des renseignements Mulisch pour vous rédiger ma brève, je fus assez étonnée de constater que dans la plupart des articles critiques, on reproche au monsieur d’aimer « étaler ses connaissances », de « se considérer lui-même comme un grand écrivain » (Wikipedia), de manquer de modestie…
Elle est bien bonne, celle-là, me dis-je. En ce qui concerne l’étalage de ses connaissances, même si j’avoue que cela ne m’a pas sauté aux yeux, que je n’en ai été nullement « gênée » à la lecture (ben tiens), je me demande vraiment pourquoi Mulisch devrait garder ses connaissances pour lui. Ce serait un comble pour un écrivain, qui est tout de même un vecteur de connaissances par excellence !
Et depuis quand faut-il être honteux de sa culture ? *
Quant à sa modestie, je dois avouer que je me méfie des écrivains modestes. Des artistes modestes, d’ailleurs. Il y a presque toujours (je ne veux pas non plus généraliser) quelque chose de faux dans la démarche. Si un artiste n’était pas lui-même quelque part persuadé de la beauté de ce qu’il fait, pourquoi le ferait-il ?
(L’inverse n’est d’ailleurs pas vrai, je connais des écrivains immodestes au possible et qui ne valent pas un clou, soit).
Mulisch est un écrivain néerlandais, né en 1927. Son père a eu quelques amitiés protectrices bancaires et nazies, sa mère était juive.
Revenons à l’œuvre, puisque c’en est bien une. Je vous parle aujourd’hui de Siegfried, Une idylle noire. Je vous parlerai sûrement prochainement de Deux femmes, mais c’est une autre histoire.
Je ne vous raconte pas l’histoire, comme d’hab, z’avez qu’à aller voir. Mais je vous dis simplement que la thèse de l’écrivain mis en scène dans ce roman est que nous pourrions en finir avec Hitler, le comprendre pour mettre un point final, si on arrivait un jour à le mettre en fiction. Et, dans l’élaboration de son projet, cet écrivain, un peu pédant d’ailleurs ce qui est très drôle (je sais, je m’écarte) rencontre deux personnages étranges qui lui proposent de témoigner.
L’ensemble est prodigieux. Le développement capital. Posant la question de l’origine du mal au travers d’une érudition peu commune, Mulisch nous tient en haleine et nous amène… là où ma foi il voudrait que nous allions. Bien.
J’avoue ne pas être spécialement adepte du genre « Tout sur Hitler & Co ». Mais là, il me semble effectivement être arrivée, au travers de cette lecture, à un point, je le disais, final.
Voilà. A lire.
* Je suis d’une mauvaise foi rhétorique, cela fait bail, je le sais bien.