Ce matin, à l’école de ma minipouce, c’est la fête de carnaval. Les enfants sont invités à venir déguisés. Et ils aiment ça, les petits.
Une semaine que la mienne est sur des charbons ardents. D’abord, grande question : en quoi va-t-elle se déguiser ? Elle réfléchit. Sors des tas de trucs : en bouteille de lait ( ?), en lunettes ( ???), en loup, etc. Puis elle se décide : elle va se déguiser en clown !
Les clowns, elle les trouve beaux, mais ils lui font un peu peur. Alors, c’est parti. C’est son idée, elle n’en démordra pas. Et là, mon inquiétude se pointe. Faut dire que l’instit’ a laissé un mot dans le cahier de communication et que ça dit « En cowboy, en lapin, en princesse, … les enfants doivent venir déguisés ». Et je me dis bien que la princesse pointe son nez. Elle me sort de partout, faut dire, la princesse. Pas marre, non, d’affubler nos petites filles de robinettes rosinette à froufrou ?
Mais bon. Ma fille, préjugés à la poubelle, je veux surtout qu’elle soit heureuse, alors, je fais un nœud dans ma langue et je la laisse faire. Elle dit clown. Si le jour suivant, elle dit princesse, j’en ferai pas une histoire.
Etape au magasin des costumes. Un rayon complet de robes de princesses. Roses of course. Je regarde la minipouce, elle fait la grimace. Elle veut un costume de clown. Bon, on commence la chasse au trésor et finalement, dans un xième magasin et caché derrière les robes de princesses, un beau costume de clown (en promo, personne n’en veut). Elle est ravie. Jusqu’ici tout va bien.
On essaye les maquillages, on s’amuse bien toutes les deux, pi je vous jure, c’est le plus beau petit clown du monde.
Mais moi, je sais bien que ça va pas être si simple… Ce matin, en effet, quand on débarque dans la classe, ce qui était mille fois prévisible se passe tout naturellement. Sur vingt petites filles des trois niveaux, il y a dix-neuf princesses. Et un clown.
Je suis fière de toi, ma belle. Fière que tu tiennes, que tu coures avec les garçons qui trouvent le clown formidable parce qu’il est tout blanc de visage et qu’ils ne t’ont (presque pas) reconnue. J’ai le cœur un peu serré, parce que je ne peux pas rester avec toi et casser la gueule aux midinettes roses qui vont pas se gêner de te faire remarquer que tu n’es pas comme elles. Et je me dis, ouhlala, comment je l’élève ma gamine ! Pourvu qu’elle ne souffre pas...