Lectures de texte, réflexions et partage autour de la littérature, textes en ligne, petits mots belges et français, et billets quotidiens pour rire et réfléchir.
Non, ce n'est pas vraiment cela mais ce matin, dans le métro, j'ai eu droit au Contrôle des titres de transport, svp, d'une voix tonnante qui m'a fait émerger, contrariée, d'un livre, euh… sportif – dont je parlerai bientôt (vous avez remarqué l'effet d'annonce).
Ouf, j'ai mon ticket. Je dis ouf, mais cela n'est pas très étonnant parce que j'ai toujours mon ticket. Je ne monte jamais dans le métro ou dans le tram sans avoir vérifié sept fois que j'ai bien mon ticket.
Il y a quelques années, j'ai appris par hasard qu'une de mes cousines faisait partie du Collectif Sans Ticket, une organisation dont les membres refusent de payer leur voyage dans les transports en commun, l'argument étant que ce type de service devrait être offert à tout le monde. Sans discuter de cet argument – z'êtes bien assez grands pour pas avoir une pas trop bête idée sur la question – je dois dire que j'ai un brin d'admiration pour cette jeune fille. Un brin, hein, parce qu'elle avait 17 ans, faut pas pousser non plus.
Je peux me battre pour des choses relativement importantes, prendre la parole dans des réunions ou des rassemblements, défendre vaillamment mes idées. Plus jeune (oui, je sais), j'ai même lancé des cailloux (pas des pavés hein) sur quelques flics. Mais monter dans le tram sans ticket, j'peux pas. C'est pas une question de peur de l'autorité – quoi que – mais plutôt la peur de me perdre dans des explications futiles et débiles en même temps (j'lai perdu, j'ai un trou dans ma poche – j'sais pas, j'ai pas mon portefeuille…), de bafouiller, toute rouge, de perdre contenance… devant un agent de la stib. Encore heureux que je ne suis pas clandestine en situation irrégulière.
Oui, je sais, c'est ridicule. Longtemps, je me suis cachée derrière un idéal rocambolesque qui m'aurait valu des baffes de ma cousine : quand on utilise un service et qu'on a les moyens de le payer, on le paye.
Maintenant que j'ai fait mon mea culpa à ce sujet, je dormirai plus tranquille et peut-être que la prochaine fois, je ne lâcherai même pas mon bouquin…