Lectures de texte, réflexions et partage autour de la littérature, textes en ligne, petits mots belges et français, et billets quotidiens pour rire et réfléchir.
Mon titre est certes un clin d'œil, mais il couvre aujourd'hui un petit drame du quotidien pour moi. J'aurais pu intituler mon article Lire aux cabinets, ce qui aurait fait référence à l'excellent opuscule d'Henri Miller paru chez Allia. Loin d'être une apologie de la chose, celui-ci démontre pourquoi l'idée de lire dans les lieux dits d'aisance est insupportable.
Et je suis assez d'accord avec ce point de vue, il ne me serait jamais venu à l'idée, chez moi, d'ouvrir un bouquin sur le trône, j'ai le sens du ridicule de la position.
Mais parfois, il faut sacrifier au ridicule, et lorsque cela devient une question de survie, on fait bien des concessions.
Donc, au boulot, je lis dans les toilettes.
Je sais.
C'est moche.
Et ça illustre bien la situation désespérée dans laquelle je suis.
Mais, et c'est là que l'histoire revêt tout son caractère dramatique, l'Institution pour laquelle je travaille a décidé de faire des économies d'énergie drastiques. Pensez-vous à une campagne pour l'extinction des lumières le soir après la fermeture des bureaux ? Que nenni. Ils ont installé dans les toilettes un détecteur de mouvements. Ou plutôt, juste devant la porte des cabinets.
Evidemment, quand je lis dans les toilettes, je ne passe pas mon temps à ouvrir et fermer la porte, ce qui de plus pourrait paraître suspect.
Je suis donc, après quatre minutes de lecture, plongée dans le noir le plus complet.
C'est désespérant.