J'aime beaucoup les textes suur les signaux détournés. Et vous ?
Mais si, c'est vrai. Aujourd'hui, le centre de Bruxelles est complètement bloqué par la manifestation de la police. J'ai lu un article dans lequel un policier disait que la paix sociale est bien terminée. Je suis heureuse qu'un policier au moins s'en rende compte. Qui sait, il va peut-être faire des émules… Imaginez ça : des tas de policiers qui se battent pour la justice sociale. Oui, je sais, j'ai dit "paix sociale" et non "justice sociale". Mais, bon, on peut rêver.
Et tiens, justement, quand la police manifeste, qui encadre les manifestants avec les autopompes, etc. ? Non, pas l'armée, car en Belgique, il n'y a plus d'armée. Oui, oui, j'ai cherché : quand la police manifeste, ce sont les collègues non-manifestants qui encadrent. Ben moi, je trouve que c'est pas du jeu.
Je les aime bien, moi, les policiers. Quand j'avais 20 ans, j'ai même épousé un gendarme. Bon, c'est vrai, c'est pas tout à fait pareil, mais admettez que de ma part, c'était un bel effort.
Cela me permet au moins de vous raconter cette anecdote qui me fait toujours rire, quinze ans après.
Mon mari était en fait apprenti-gendarme. Lui et ses petits camarades participaient donc à des entraînements. Notamment à des entraînements d'encadrement de manifestation. Vous voyez le tableau : la moitié des apprentis-gendarmes joue aux gendarmes, l'autre (non, pas aux voleurs, suivez un peu…) joue aux manifestants. Ils adorent ça, sans rire.
Et bien, un jour, j'ai récupéré mon mari avec le nez cassé. Ce même jour, neufs blessés parmi les apprentis. Ben oui : les "manifestants" s'étaient pris au jeu…
Vous voyez qu'il ne leur faudrait pas grand-chose…
I am really fed up to speak anglish all the journée with some people that cannot align a lign either in French, Anglish or Tonkinois. Do I need another pretexte to change of job ?
J'ai passé aujourd'hui une bonne heure de lecture amusée – et j'en avais besoin – sur le dictionnaire arbitraire de Marie Rennard.
Certains vont me dire que je ne suis pas objective, mais après tout, peu m'en chaut (et ce n'est pas parce que je viens de vous parler de la température). Bah oui, je référence ce que je connais. Notez bien, chers lecteurs, que si je référençais ce que je ne connais pas, hein…
Bref. Si vous voulez comme moi passer une heure à rire franc à propos de choses toutes simples mais parfois moins, à lire Marie jouer avec les mots, tout en apprenant un million de choses très utiles (que certains types de grenouilles sont toxiques par exemple), allez lire le dictionnaire arbitraire et constatez avec elle que le bien dire c'est l’action de s’exprimer avec brio, éloquence et talent. ;-)
Merci Marie.
Oui, oui, le soleil, bien sûr. Entre 25 et 30° depuis une semaine ici, on cuit littéralement.
Mais c'est pas cette température là qui me prend tout mon temps, mais celle de Minipouce. Ahlala, essuyer les p'tis nez qui coulent, changer trois fois les pyjamas, consoler les pleurs de fatigue et finalement, la laisser épuisée (elle ou moi ?) à la garde-malade…
Je râle toujours sur la condition de la femme, sur les difficultés de la femme au travail, etc. Ma société fournit aux parents des enfants malades une baby-sitter à domicile. Et j'dis merci, parce que sans ça, pffff.
Bon, ben comme vous le constatez, je suis à nouveau derrière mon clavier…
Depuis des mois, je traîne une fatigue incommensurable. Et de traîner, donc, les pieds, les mains, la tête. Je m'agace, je m'irrite, pourquoi suis-je toujours si fatiguée ?
Je me condamne : c'est parce que je vis mal, dans mon avidité, je mange trop, bois trop, réfléchis et travaille de travers, rien ne va, c'est la vie à l'envers.
Et cela s'aggrave. De jour en jour, la fatigue s'accumule, les tensions augmente, les passions s'essoufflent. Déprime, dépression suivent fatigue.
L'horizon se rétrécit, les couloirs deviennent étroits, les portes se referment, je me referme sur moi-même, j'oublie de respirer, j'étouffe.
Fatigue suit déprime, dépression. On n'en sort pas.
Qu'est-ce que c'est, cette boue du fond de moi ? Je ne sais même pas.
Je patauge dedans, me débats, ça me fatigue.
Écœurement, dégoût suivent fatigue.
Puis, là… Aujourd'hui… Je me réveille. Je ne suis pas fatiguée. Un mouvement d'étonnement, d'abord. Bizarre, quelque chose a changé. Mais quoi ? Ah, la tête n'est pas lourde. Les yeux ne se ferment pas, les épaules ne retombent pas. Je m'étire. On dirait que je cherche quelque chose. Où est la fatigue ? Où est la déprime ? Où est la nausée ?
Parti, fini.
Je suis réveillée maintenant. Je m'étire, il y a du soleil. Et même, je souris. Oui, oui. Moi. Je souris. Incroyable. Je regarde autour de moi, heureusement, personne. Je suis un peu gênée de mon sourire incongru.
Puis, je suis débordée de sensations pétillantes. Mais… je ris !
Et… j'ai faim !
Porte moi, maman, dis-tu d'une petite voix. Et moi, je ne dis pas non. Je ne dis pas non malgré tes presque quinze kilos, malgré les sacs de course que je trimballe, malgré mon sac besace rempli de livres, mais qu'importe : quinze kilos d'amour et tu es fatiguée, ma belle.
Je veux dormir sur toi, et oui, mon ange, appuie-toi sur mon épaule, il est long le chemin de retour de l'école, il est long le temps de la journée pour un lutin comme toi. C'est vrai que tu cours, que tu sautes, que tu danses et te trémousses, c'est vrai que tu découvres, que tu aimes, ris et pleures, journée tellement riche, monde de découverte.
Et tu enfouis ton visage dans le creux de mon épaule, et tu entoures mon cou de tes bras. Je suis lourde ? Oui, ma puce. D'habitude cela te plaît que je te dise que tu es lourde, cela veut dire que tu grandis. Mais pas aujourd'hui. Je suis fatiguée, maman, et je suis encore petite.
Bien sûr mon cœur. Tu grandis, mais oui, tu es encore petite. Et puis, je parie que dans dix ans, si tu le veux encore, il y aura tout de même de la place sur mon épaule pour toi.
Quand je me débats de ci de là, à l'école ou dans la famille, contre les stéréotypes filles/garçons, quand je dis à ma fille que oui, bien entendu, elle peut jouer avec une grue et que non, les garçons n'ont pas moins peur (du noir, des monstres, etc.), mon entourage me regarde avec un œil condescendant.
Quand je dénonce la rositude qui entoure nos petites nanas et qui s'étale de leurs baskets à leur lit en passant par tout le matériel scolaire, l'habillement bien entendu mais même… la nourriture, le regard devient encore un peu moins bienveillant et comme je l'ai raconté, il m'arrive même d'essuyer de violentes critiques. J'empêche ma fille d'être une "vraie" fille, je l'empêche d'entrer en féminité, et patati et patata.
Le genre de choses qui me fait bondir.
Mais quand c'est elle qui le dit, ça passe mieux ?
http://www.guardian.co.uk/society/2008/apr/15/equality.gender
Allez, faites-moi plaisir, allez lire ça, les papas et les mamans, et que votre caboche serve à autre chose qu'à faire joli.
"Sâgigsisimârnapok" signifie, dans la langue de ceux qui se nomment eux-mêmes les Hommes, "ce qui vous donne un beau visage". Si un récit est drôle, cela vous fait rire, et si vous riez, cela vous donne un beau visage.
Note de Inès JORGENSEN, traductrice de Jorn Riel, Un récit qui donne un beau visage.